Sensuellement Votre...

Maman je t'aime...


Maman,

Souvent, je pense à toi, qui n'as jamais connu le bonheur. Tu es née avec le siècle écoulé, tu as vécu les deux "grandes guerres mondiales" et tu n'avais pas encore 20 ans à la fin de la première. Tu as dû quitter ton petit village natal pour venir gagner ta vie à Paris avec pour tout bagage une formation de secrétariat et comptabilité reçue par correspondance .
A Paris, dans les années 1930, tu as, rencontré mon père et as connu en cette période un peu de bonheur mais cela n'a pas duré, la seconde guerre mondiale, celle de 39-40, la "drôle de guerre" était bientôt à nos portes.
Je n'étais qu'un petit enfant lors de l'arrivée de l'envahisseur allemand mais je me souviens bien du bruit des bottes lorsqu'ils défilaient dans nos rues. Je me souviens aussi du bruit des sirènes annonciatrices des bombardements, du bruit des bombes entendus depuis les abris, puis de la libération par les américains.
Nous avons vécu là d'intenses périodes de frayeur et de privations. Une petite soeur s'était jointe à nous en 1942. En cette période de pénuries Papa, par chance revenu de cette guerre, et toi vous êtes souvent privés pour que nous ayons l'essentiel. Je n'ai jamais été malheureux!
Puis, progressivement, la France allait mieux, nous commencions à être heureux, mais malheureusement cela n'a pas duré. Frappée par une terrible maladie, tu as dû nous quitter en ta 54ème année.
Juste j'avais 20 ans et j'ai dû partir pour la guerre d'Algérie. Mon absence devait durer 2 ans et je ne savais pas qu'à mon retour je retrouverais ma famille "dispersée" et que je ne vivrais plus jamais sous le toit qui m'avait vu naître.
Aussi je suis allé à Paris, reprenant mon travail, j'y ai rencontré Douce, elle même orpheline de père. Nous avons fondé notre famille, la vie ainsi continuait, difficile, mais maintenant nous sommes heureux.

Par ces quelque lignes, Maman je pense une nouvelle fois à toi, avec un immense regret, celui de ne jamais t'avoir dit que je t'aimais...alors, c'est près des larmes que je te dis Maman tu me manques, je t'aime.

Ton fils, *J*.   le 3 Juin 2007

Ce texte, un très court résumé de ma jeunesse écrit à l'occasion de la fête des mères, pour vous dire simplement: pensons souvent à dire à nos enfants, petits enfants et parents, aussi nos très proches que nous les aimons et que nos enfants aussi nous disent qu'ils nous aiment...

Article ajouté le 2007-07-13 , consulté 131 fois

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